l
l
l
l
l
l
l Maintenant plus que jamais, je me rends compte combien ta présence occupait le lieux. Vivre avec eux devient un supplice, le les déteste tout en sachant que je les aime au plus profond de mon être. Ils m'énervent, me désespèrent, me dégoûtent. Pulsions meurtrières.
Avant tu étais là, parler avec toi me soulageait. Faire la chandelle sur ton lit, mordre ton oreiller comme une gogole, crier à n'en plus finir...
Mais maintenant, j'ai beau aller dans ta chambre, je la trouve toujours vide. Le courrier pas encore ouvert sur le bureau, le lit bien fait, la radio éteinte... tout cela me rappelle qu'il me faudra attendre une éternité avant de te revoir. Je n'imaginais pas que tu me manquerais autant. Je n'envisageait pas qu'une fois que tu serais partie je me sentirais aussi seule. Tu as partagé ma vie pendant plus de 15 ans. 15 ans à se voir tout les jours, toutes les nuits. 15 ans à se voir sous toutes les facettes de nos humeurs. Hurler, rire, pleurer, chanter , danser, boire...windsurfer ! On a tout fait ensemble ! Vacances, Noëls, Anniversaires... Construire le nid pour les cloches à Pâques, décorer le sapin, chercher les cadeaux cachés dans la maison, jouer dans la petite cabane en bois... Des souvenirs qui me reviennent maintenant. Reliques d'une enfance passée dans l'insouciance de notre âge... Ne penser qu'au jour présent, ne pas voir plus loin que le bout de notre nez...
Dur retour à la réalité.
Coups de fils, sms ne font que me rappeler que tu es loin.
J'erre dans les abîmes de mon âme.
La solitude me précipite dans les abysses de la dépression.
Leur présence n'arrange rien. Leurs plaintes répétées, leurs grognements de plaisir lorsqu'ils mangent, leurs soupirs de satisfaction lorsqu'ils vont se coucher, repus, le ventre bien rempli... Leur satisfaction compte plus que tout. Et lorsqu'ils sortent de leur médiocrité, lorsqu'ils émergent de leur autosatisfaction, ils ne font que me dévaloriser, se préoccupent plus de l'image que je reflète sur eux que de mon existence. Et, une fois conquis par ma réaction, qui est de dégager de leur vue, être hors d'atteinte de leurs paroles blessantes, de leurs regards méprisants, ils replongent de plus belle dans leur misérable et pitoyable existence.
Alors, une vague de haine se soulève en moi. Dévastatrice, elle écrase tout sur son passage. Pitié, compassion, amour... Tous ces sentiments qui font que je les supportent encore. Ils se fondent dans le masse de cette aversion pour eux.
Une tempête souffle, s'emporte dans mon crâne. Mon c½ur se serre, mes mains tremblent. Et là je déborde. Cet océan de sentiments confus s'écoule. Je pleure. Je déteste. Je hais. Je méprise. Comment contenir tout ça ?
Yeux rouges, manches trempées de larmes, je ressemble à une vieille figue séchée. Vide. Hébétée, ébahie, regard vitreux. Sans réaction.
La Mort doit ressembler à cette impression de flottement, d'insensibilité, d'inconscience.
La Mort ? J'ai le temps de vivre.
J'ai froid. Mon c½ur n'est qu'un vieil abricot sec. Peut-être se gonflera-t il d'amour, de joie, de tout ces sentiments qui font que la vie est belle et que l'on est heureux.
Léthargique. C'est ce que je suis pour le moment. Comme anesthésiée, insensible à tout ce qui m'entoure.
La Vie n'est de toute façon qu'un long chemin sinueux qui nous fait voyager à travers des océans de nostalgie, des déserts de mélancolie. Tu étais mon radeau, mon oasis dans cette multitude de sentiments contradictoires.
Maintenant je me traîne dans les méandres de mon être. Je me traine dans ce monde froid et sombre. Parfois la chaleur d'un être qui m'est cher m'éclaire, me rempli de cette joie de vivre qui n'est que de courte durée. Car j'ai beau ne pas penser à ton absence, je chasse cette vision de la chambre vide durant la journée, mais elle revient au galop ; me guette au cion de la rue, s'imprègne en moi dès que je rentre.
Retomber sur Terre. Côtoyer ces esprits fermés, vides de tout sentiment de compassion.
Alors j'essaye d'exprimer ce que je ressent à travers le papier. J'essaye de transvaser ma mélancolie dans ce crayon de papier, dans cette feuille, qui ne sont que des objets de la vie courante.
J'essaye d'exprimer combien ta présence me manque. Combien ma vie me semble triste et inutile.
Et j'ose, ou j'ose espérer des jours meilleurs. J'ose espérer un soleil un soleil éblouissant, resplendissant, aveuglant au fond de moi. J'ose espérer que tout ira mieux.
J'espère.
L'espoir fait vivre.
Alors j'espère que l'espérance ne me quittera pas.
Car je veux vivre.
l
l
l
l
l